Séquestration – Article

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Qu’est-ce que la séquestration en droit criminel ?

La séquestration, prévue à l’article 279(2) du Code criminel, est une infraction qui vise la privation illégale de la liberté d’une personne.

Elle survient lorsqu’une personne, sans autorisation légitime, empêche une autre personne de se déplacer librement ou de quitter un endroit contre sa volonté.

Il est important de comprendre que la séquestration ne requiert ni enfermement physique, ni menottes, ni pièce verrouillée. Une situation de contrôle, de contrainte ou de peur peut suffire.

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Conduites pouvant constituer une séquestration

Une situation de séquestration peut notamment exister lorsque quelqu’un :

Empêcher le départ

empêche une personne de quitter un lieu, même temporairement ;

Imposer le confinement

force une personne à rester dans un endroit contre sa volonté ;

Contrôle des mouvements par la menace

contrôle les déplacements d’une personne par la peur, l’intimidation ou les menaces ;

Contrainte psychologique

exerce une pression psychologique qui prive réellement la personne de sa liberté ;

Contrôle prolongé

maintient une personne sous contrainte pendant un laps de temps significatif.

La loi s’intéresse à la réalité vécue par la victime, et non à l’apparence extérieure de la situation.

Éléments essentiels de l’infraction

Pour qu’une personne soit reconnue coupable de séquestration, la poursuite doit démontrer, hors de tout doute raisonnable, les éléments suivants.

Une privation réelle de liberté

La preuve doit établir que la victime n’était pas libre de ses mouvements. Il suffit que la personne ait été soumise à une contrainte réelle l’empêchant de circuler librement ou de quitter la situation.

  • la violence ;
  • la peur ;
  • l’intimidation ;
  • la pression psychologique ou émotionnelle.

Il n’est pas nécessaire que la victime soit physiquement attachée ou enfermée.

Une absence d’autorisation légitime

La restriction de liberté doit être exercée sans justification légale valable.
Une autorisation légitime peut exister dans des situations très précises, mais elle cesse dès que la contrainte devient excessive, abusive ou coercitive.

Une durée significative

La séquestration doit s’inscrire dans une période suffisamment significative pour constituer une véritable privation de liberté.

La loi ne prévoit aucune durée minimale fixe. L’analyse dépend toujours des circonstances concrètes.

L’absence de consentement

La séquestration repose sur l’absence de consentement de la personne privée de liberté.

Le consentement :

  • doit être réel et volontaire ;
  • s’évalue selon les circonstances ;
  • peut être retiré à tout moment.

Une personne peut initialement accepter une situation, puis ne plus y consentir lorsque celle-ci devient contraignante ou menaçante.

Séquestration et autres infractions criminelles

La séquestration est une infraction distincte des voies de fait, du vol qualifié ou des agressions sexuelles.
Elle protège un intérêt fondamental : la liberté individuelle.

Il est donc possible qu’une personne soit accusée ou reconnue coupable de séquestration en plus d’une autre infraction découlant des mêmes événements.

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Exemple concret

Une personne bloque volontairement la sortie d’un logement, élève la voix, menace l’autre et crée un climat de peur. La victime comprend qu’elle ne peut pas partir sans subir de représailles. Aucune porte n’est verrouillée et aucun coup n’est porté.

Même sans violence physique, cette situation peut constituer une séquestration, puisque la victime est privée de sa liberté de mouvement par intimidation et coercition.

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Peines prévues pour la séquestration

La séquestration prévue à l’article 279(2) du Code criminel est une infraction mixte :

Infraction passible d'un acte d'accusation

Acte criminel : emprisonnement maximal de 10 ans

Infraction punissable par voie de procédure sommaire

Procédure sommaire : peine prévue par la loi, pouvant inclure une amende, une probation ou un emprisonnement

La peine imposée dépendra notamment :
  • de la durée de la séquestration ;
  • du degré de contrainte exercée ;
  • de la vulnérabilité de la victime ;
  • de l’existence d’autres infractions ;
  • des antécédents judiciaires de l’accusé.

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